Blog · Chirurgie réfractive

Suis-je éligible à la chirurgie réfractive ? Le guide complet

C'est la première question que vous vous posez avant d'envisager de vous passer de lunettes : « est-ce que je peux être opéré ? ». La bonne nouvelle, c'est que la majorité des personnes gênées par une myopie, une hypermétropie ou un astigmatisme stable sont éligibles à une forme de chirurgie réfractive. Mais la décision ne se prend jamais sur le seul chiffre de votre correction : elle repose sur un ensemble de critères que seul un bilan complet permet de vérifier.

Dans cet article, je vous explique en toute transparence les cinq critères clés que j'examine, les contre-indications, comment se déroule le bilan, et surtout : que faire si le laser n'est pas la bonne option pour vous.

Âge & stabilité Cornée Sécheresse Bilan préopératoire Alternatives
Centre de chirurgie réfractive au laser où le Dr Alexandre HAGE réalise les bilans d'éligibilité
L'essentiel

La réponse courte — en 30 secondes

En règle générale, vous avez de bonnes chances d'être éligible si vous avez plus de 18 ans, une correction stable depuis au moins un an, une cornée saine et suffisamment épaisse, et pas de maladie oculaire évolutive. Voici les cinq critères que j'examine systématiquement.

Critère 1

Âge & stabilité

Majorité atteinte et réfraction stable depuis au moins un an (variation < 0,5 D/an).

Critère 2

Type & force de correction

Myopie, hypermétropie, astigmatisme : la valeur oriente vers le laser ou l'implant.

Critère 3

Cornée saine & épaisse

Épaisseur suffisante et topographie régulière, sans signe de kératocône.

Critère 4

Surface oculaire

Une sécheresse importante se traite avant, pour le confort et la qualité du résultat.

Critère 5

Santé générale & oculaire

Absence de maladie oculaire évolutive ou de situation rendant le geste déconseillé.

En détail

Les cinq critères — ce que j'examine vraiment

1. L'âge et la stabilité de la correction

La chirurgie au laser est légalement possible à partir de 18 ans. Mais l'âge compte moins que la stabilité : on opère un œil dont le défaut visuel ne bouge plus. En pratique, je vérifie que votre correction n'a pas varié de plus de 0,5 dioptrie sur la dernière année. C'est pourquoi un historique de vos anciennes ordonnances de lunettes m'est très utile.

La myopie évoluant souvent jusqu'à 22-25 ans, j'opère rarement avant la fin de cette progression. À l'autre extrémité, après 50 ans, je discute aussi de la presbytie et de l'opportunité d'une chirurgie du cristallin plutôt que cornéenne.

2. Le type et la force de votre correction

Le laser cornéen (LASIK, SMILE, PKR) corrige très bien les myopies, hypermétropies et astigmatismes faibles à modérés. Au-delà d'une certaine force de correction — fortes myopies notamment — ou lorsque la cornée ne permet pas de retirer assez de tissu, l'implant phaque ICL devient l'option de choix. La valeur de votre correction est donc un aiguillage, pas un couperet : à chaque profil correspond une technique.

3. Une cornée saine et suffisamment épaisse

C'est le critère le plus technique. Le laser sculpte la cornée : il faut donc qu'elle soit assez épaisse pour conserver une réserve de sécurité après le traitement. Les données de référence retiennent un mur stromal résiduel d'au moins 250 µm, beaucoup de chirurgiens — dont moi — préférant viser 300 µm [2].

Surtout, je dépiste un éventuel kératocône débutant : une fragilité de la cornée qui contre-indique le laser. C'est le facteur de risque majeur d'ectasie (déformation) après chirurgie [1]. La topographie/tomographie cornéenne est, pour cette raison, l'examen central du bilan.

4. La surface oculaire

Une sécheresse oculaire non prise en charge peut réduire le confort après l'intervention et gêner la cicatrisation. Je l'évalue systématiquement. Si elle est présente, je la traite avant d'opérer, et elle peut orienter le choix de la technique.

5. La santé générale et oculaire

Certaines situations rendent le geste déconseillé, parfois seulement de façon temporaire : grossesse et allaitement, maladies auto-immunes non contrôlées, certaines pathologies oculaires évolutives. Nous en parlons lors du bilan — voir le détail ci-dessous.

Transparence

Les contre-indications — absolues et temporaires

Être honnête sur ce qui empêche d'opérer fait partie de mon métier. La plupart des contre-indications sont temporaires : il s'agit souvent d'attendre, de traiter, puis de réévaluer.

Contre-indications au laser cornéen

  • Kératocône évolutif ou cornée trop fine pour la correction visée
  • Topographie cornéenne irrégulière (suspicion de fragilité)
  • Maladies auto-immunes ou de l'immunité non contrôlées, citées comme contre-indications par les autorités [3]
  • Certaines pathologies oculaires évolutives (glaucome non contrôlé, herpès oculaire actif, etc.)

Situations temporaires (on attend, puis on réévalue)

  • Réfraction non stabilisée — on attend qu'elle se fixe
  • Grossesse et allaitement — variations hormonales transitoires
  • Sécheresse oculaire à traiter au préalable
  • Cataracte débutante — on s'oriente alors vers la chirurgie du cristallin, qui corrige aussi la vue
Au cabinet OPHTALIFE

Le bilan d'éligibilité — comment je décide

Aucune réponse fiable ne peut être donnée sans examens. Le bilan préopératoire dure environ une heure et combine plusieurs mesures objectives. C'est lui, et non un simple chiffre, qui détermine votre éligibilité et la technique la plus adaptée.

1 · Cartographie cornéenne

Topographie & épaisseur

J'analyse la forme et l'épaisseur de votre cornée point par point. C'est l'examen qui dépiste un kératocône débutant et mesure la réserve de tissu disponible.

2 · Réfraction précise

Mesure de votre correction

Je mesure votre correction de façon objective et subjective, parfois après dilatation, et je la compare à vos anciennes ordonnances pour vérifier la stabilité.

3 · Surface & pupille

Larmes et diamètre pupillaire

J'évalue la qualité du film lacrymal et le diamètre de vos pupilles, deux éléments qui influencent le confort et la vision nocturne après l'opération.

4 · Examen complet de l'œil

Lampe à fente & fond d'œil

J'examine l'ensemble de l'œil, du segment antérieur jusqu'à la rétine, pour écarter toute pathologie associée avant de poser l'indication.

Bon à savoir

Pensez à retirer vos lentilles avant le bilan — quelques jours à une à deux semaines pour les souples, davantage pour les rigides. Les lentilles déforment temporairement la cornée et fausseraient les mesures. Les consignes exactes vous sont remises au cabinet.

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Bonne nouvelle

Et si le laser n'est pas pour moi ? Les alternatives

« Non éligible au LASIK » ne veut pas dire « condamné aux lunettes ». Dans la plupart des cas, une autre voie existe.

L'implant phaque ICL

Si votre cornée est trop fine, votre correction trop forte ou votre surface trop sèche, l'implant phaque ICL est souvent la meilleure réponse : il s'ajoute à l'intérieur de l'œil sans toucher à la cornée, corrige de très fortes myopies, et reste réversible.

La PKR / Trans-PRK

Pour certaines cornées fines ou des profils particuliers, la PKR (laser de surface) peut rester possible là où le LASIK ne l'est pas.

Traiter d'abord, opérer ensuite

Une sécheresse à équilibrer, une correction qui doit se stabiliser, une grossesse en cours : il s'agit parfois simplement de reporter le geste de quelques mois, puis de refaire le point.

La chirurgie du cristallin

Après 50 ans, ou en cas de cataracte débutante, le remplacement du cristallin par un implant corrige à la fois le défaut visuel et la presbytie. C'est une alternative pertinente à la chirurgie cornéenne pour cette tranche d'âge.

Questions fréquentes

Vos questions sur l'éligibilité

Prochaine étape

Savoir si vous êtes éligible

La seule façon d'obtenir une réponse fiable est un bilan personnalisé. Je vous reçois au Cabinet OPHTALIFE, à Boulogne-Billancourt et à Paris, pour examiner vos yeux et vous dire en toute transparence quelle solution vous convient — ou s'il vaut mieux patienter.

Cabinet OPHTALIFE — Boulogne-Billancourt (92)
Ancien assistant Hôpital des Quinze-Vingts
Disponible via Doctolib
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Bibliographie

Références scientifiques

Cet article s'appuie sur les recommandations internationales et des publications de référence. Sources vérifiables via leur DOI ou PubMed.

  1. 1

    Randleman JB, Russell B, Ward MA, Thompson KP, Stulting RD. Risk factors and prognosis for corneal ectasia after LASIK. Ophthalmology. 2003;110(2):267-275.

  2. 2

    Santhiago MR. Percent tissue altered and corneal ectasia. Curr Opin Ophthalmol. 2016;27(4):311-315.

  3. 3

    American Academy of Ophthalmology. Preferred Practice Pattern (PPP) — Refractive Errors & Refractive Surgery. aao.org

  4. 4

    U.S. Food & Drug Administration (FDA). LASIK — When is LASIK not for me ? Critères et contre-indications. fda.gov

  5. 5

    Mechai N, Hage A, Baudouin C. Correction des erreurs réfractives par chirurgie cornéenne soustractive : histoire et perspectives. J Fr Ophtalmol. 2026;49(4):104829.

Les contenus de ce site sont à visée informative et ne se substituent pas à une consultation médicale. Toute décision thérapeutique doit être prise en concertation avec votre ophtalmologue.