Pathologies · Chirurgie cornéenne

Greffes de cornée

Lorsque la cornée est trop altérée pour être préservée, je réalise une greffe de cornée (kératoplastie). Les techniques lamellaires modernes permettent aujourd'hui de ne greffer que les couches atteintes, préservant le tissu sain : DMEK et DSAEK pour les dystrophies endothéliales (Fuchs), DALK pour les pathologies stromales (kératocône avancé).

DMEK · DSAEKDALKKératoplastie transfixianteBanque de cornée nationale
Dr Alexandre HAGE — Greffe de cornée
Comprendre

Les greffes de cornée

Pourquoi greffer ?

La cornée est la fenêtre transparente de l'œil, responsable des deux tiers de sa puissance réfractive. Lorsqu'elle est gravement altérée — par une dystrophie, une infection, un traumatisme, une inflammation ou une dégénérescence — et que les autres traitements ont échoué, la greffe de cornée (kératoplastie) permet de restaurer la vision.

La cornée est l'un des tissus les plus greffés au monde avec un excellent pronostic de tolérance grâce à son privilège immunologique (pas de vascularisation).

Principales indications

  • Dystrophie endothéliale de Fuchs — atteinte de la couche interne de la cornée
  • Kératocône avancé non corrigeable
  • Cornées très cicatricielles (infections, traumatismes, brûlures)
  • Dystrophies stromales héréditaires
  • Échec de greffe précédente
  • Kératopathie bulleuse (décompensation endothéliale)

Révolution des greffes lamellaires

Les 20 dernières années ont vu une révolution : au lieu de greffer toute l'épaisseur cornéenne (kératoplastie transfixiante), les techniques lamellaires modernes permettent de ne greffer que la couche atteinte.

Les avantages sont considérables :

  • Récupération visuelle plus rapide (semaines au lieu de mois)
  • Risque de rejet nettement réduit
  • Meilleure résistance aux traumatismes post-op (pas de fragilité de toute l'épaisseur)
  • Moins de sutures (ou aucune dans certaines techniques)

Banque de cornée nationale : je travaille en collaboration avec la Banque de cornée française, qui sélectionne, prépare et distribue les greffons selon des critères stricts de qualité et de sécurité (sérologies, morphologie endothéliale, délai post-prélèvement).

Les 4 techniques

Quelle technique pour quelle atteinte ?

DMEK (Descemet Membrane Endothelial Keratoplasty)
Technique de référence — Fuchs

Greffe ultra-sélective de la couche endothéliale seule (environ 15 µm d'épaisseur). Technique chirurgicale la plus récente et la plus délicate. Récupération visuelle très rapide (1 à 3 mois), risque de rejet minimal, vision finale excellente. Indication privilégiée : dystrophie de Fuchs, kératopathie bulleuse. Pas de sutures (adhérence spontanée du greffon par bullage gazeux).

DSAEK (Descemet Stripping Automated Endothelial Keratoplasty)
Alternative à la DMEK

Greffe endothéliale avec une fine couche de stroma postérieur (environ 100 µm). Technique plus ancienne que la DMEK mais plus simple à réaliser, parfois préférée dans certaines situations (œil complexe, aphaque, glaucome associé). Récupération visuelle plus lente que la DMEK mais plus rapide que la kératoplastie transfixiante.

DALK (Deep Anterior Lamellar Keratoplasty)
Kératocône avancé — atteintes stromales

Greffe des couches antérieures de la cornée (épithélium + stroma) en préservant l'endothélium natif du patient. Utilisée pour les pathologies stromales avec endothélium intact : kératocônes avancés, cicatrices stromales, dystrophies stromales. Le risque de rejet endothélial — principal responsable des rejets — est supprimé. Sutures de cornée résorbables ou non en place 12 à 18 mois.

Kératoplastie transfixiante (KP)
Greffe totale — indications limitées

Greffe de toute l'épaisseur cornéenne. Technique historique, aujourd'hui réservée aux situations où les greffes lamellaires ne sont pas possibles : cicatrices profondes touchant l'endothélium, perforations, échecs multiples de greffes lamellaires. Récupération visuelle lente (6 à 12 mois). Suivi immunologique rigoureux au long cours.

Votre parcours

Prise en charge personnalisée

1

Consultation spécialisée

Évaluation de l'indication, bilan complet (biométrie, topographie, OCT cornéen, comptage cellulaire endothélial), discussion des bénéfices et risques spécifiques à votre cas.

2

Inscription en Banque de cornée

Inscription sur la liste d'attente de la Banque de cornée française. Délai d'attente : généralement 1 à 3 mois pour les greffes programmées.

3

Intervention chirurgicale

Chirurgie hospitalière sous anesthésie locale avec sédation. Durée : 1 à 2 heures selon la technique. Hospitalisation ambulatoire ou de courte durée. Prescription de traitement immunosuppresseur local prolongé.

4

Suivi rapproché

Contrôles à J+1, J+7, J+15, puis mensuels pendant 6 mois, puis espacés. Suivi au long cours pour surveiller le rejet, adapter l'immunosuppression, déposer les sutures (DALK et KP).

Vos questions

FAQ — Greffe de cornée

Les greffons proviennent de donneurs décédés dont la cornée a été prélevée dans les heures suivant le décès, avec le consentement explicite du défunt (via la carte de donneur ou le registre national) ou de sa famille. Les cornées sont ensuite préparées et conservées par les Banques de cornée (en France, coordonnées par l'EFS et les CHU), qui réalisent des tests rigoureux avant distribution (sérologies, viabilité endothéliale).
Le risque varie selon la technique : très faible pour la DMEK (< 5 %), faible pour la DSAEK (5-10 %), plus élevé mais gérable pour la DALK (rejet stromal uniquement, 10-15 %) et la kératoplastie transfixiante (15-25 % sur 5 ans). Le traitement préventif par collyres corticoïdes au long cours permet de contrôler efficacement ce risque. En cas de rejet détecté précocement, le traitement intensif permet généralement de sauver le greffon.
Cela dépend de la technique : DMEK : 1 à 3 mois (récupération la plus rapide). DSAEK : 3 à 6 mois. DALK : 6 à 12 mois (nécessite le dépôt des sutures). Kératoplastie transfixiante : 12 à 18 mois. La vision finale dépend également de l'état préopératoire de votre œil (rétine, cristallin, etc.).
Oui, les greffes de cornée sont intégralement prises en charge par la Sécurité Sociale au titre des actes chirurgicaux lourds. Cela inclut le greffon lui-même (gratuit, fourni par la Banque de cornée), l'intervention, l'hospitalisation, les consultations de suivi et les traitements post-opératoires. Une part peut rester à charge selon votre complémentaire santé (chambre seule, dépassements).
Oui, le don de cornée est possible pour presque tout le monde, quel que soit l'âge (jusqu'à 90 ans dans certaines conditions) — contrairement au don d'organes qui a des limites d'âge plus strictes. En France, la loi prévoit le consentement présumé : toute personne majeure décédée est considérée comme donneuse sauf inscription au Registre National des Refus. Vous pouvez en informer vos proches et porter la carte de donneur pour simplifier la démarche.
Oui, mais avec des précautions. Pendant les premiers mois, les sports de contact et la natation sont déconseillés. À long terme, la plupart des activités sont possibles, avec une prudence particulière pour les sports violents (risque traumatique sur la greffe, surtout pour la kératoplastie transfixiante). Le voyage est libre après la phase post-opératoire initiale, en veillant à conserver le suivi ophtalmologique régulier. Les sports mécaniques et aquatiques peuvent nécessiter une protection oculaire.
Passez à l'action

Indication de greffe de cornée ?

Je réalise le bilan complet en consultation et définis avec vous l'indication précise et la technique la plus adaptée (DMEK, DSAEK, DALK ou transfixiante).

Cabinet OPHTALIFE — Boulogne-Billancourt (92)
Ancien assistant Hôpital des Quinze-Vingts
Disponible via Doctolib
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